Vendredi 4 septembre à 18h

De Saint-Antonin-Noble-Val à Bruniquel, la configuration encaissée de la vallée de l’Aveyron, avec ses grottes et ses falaises calcaires, a attiré les Hommes depuis plus de 250 000 ans.

L’Igue des Rameaux à Saint-Antonin-Noble-Val est actuellement le site le plus ancien attesté. De nombreux restes animaux (chevaux, cervidés, mammouths, etc.) ont permis de dater ce site d’environ 250 000 ans. Ils sont accompagnés d’outils façonnés sur des galets de quartz qui montrent que les animaux tombés dans cette grotte ont été exploités pour leur chair et probablement leur peau par les humains qui fréquentaient les environs. Mais on ignore si ceux-ci se contentaient de prélever les parties qui les intéressaient sur les animaux morts, ou si ils pratiquaient une forme de chasse en les rabattant puis en les précipitant dans la grotte.

Plus récemment, la « Grotte de Bruniquel » a été assidument fréquentée par les néandertaliens. Ils ont construit des structures ovales constituées de stalagmites fragmentées et assemblées. On ignore les raisons qui ont présidé à de telles constructions, datées de 176 000 ans. Les plus récents travaux montrent que l’occupation de la grotte est plus ancienne encore, jusqu’à 180 000 ans.
Mais la vallée a été habitée de manière plus dense et régulière durant la dernière glaciation, entre 35 000 et 12 500 ans. Durant le Paléolithique supérieur ancien, entre 35 000 et 20 000 ans, les habitats sont rares et peu développés, situés en hauteur : l’abri des Battuts et la grotte du Cuzoulet se rapportent à cette phase. Les décors peints de deux grottes ornées, la grotte Mayrière supérieur et la grotte du Travers de Janoye, remontent également à ces périodes.
La culture paléolithique la mieux représentée est le Magdalénien, dont toutes les phases ont été reconnues sur divers sites. Entre 17 500 et 12 500, de nombreux abris sous roche et de grottes ont servi d’habitat à des populations de chasseurs-collecteurs magdaléniens.
Les plus riches sont l’abri de Fontalès, la grotte du Courbet et les quatre abris de Bruniquel (Plantade, Lafaye, Gandil et Montastruc). La grotte de La Magdeleine des Albis est décorée de sculptures en bas relief, uniques au monde, représentant des femmes et des animaux.



Les fouilles archéologiques menées depuis le milieu du XIX° siècle ont révélé la richesse des traditions culturelles de ces populations magdaléniennes. Plusieurs milliers d’armes, d’outils et d’objets domestiques, en silex et en os ou en bois de renne, nous renseignent sur le mode de vie et les activités quotidiennes. Quant aux objets de parure et aux œuvres d’art, gravées ou sculptées, ils nous indiquent que ces populations avaient des préoccupations artistiques mais aussi symboliques ou religieuses d’une complexité qui nous échappe.
Lieu : Mairie de Saint-Antonin-Noble-Val, salle des Congrès, 18h. Entrée libre
Abri de Fontalès : La cuillère de Paul Darasse en bois de renne gravé, Muséum d’histoire naturelle de Toulouse (photo M-D Heusse)