En partenariat avec l’Institut d’Études occitanes de Tarn-et-Garonne, le Centre de Formation professionnelle Occitan et le Pays d’Art et d’Histoire, la SAVSA propose une soirée de découverte des contes de la vallée de la Bonnette.
De 1900 à 1903, les enfants de l’école communale de Loze, sous la direction de leur maître Jean Hinard, recueillirent un corpus de 19 contes en occitan.
Ces contes furent édités 20 ans plus tard, par la Société des Études Locales dans l’Enseignement Public du T&Gne, sous le titre Contes populaires – Contes de la vallée de la Bonnette, en occitan avec en vis-à-vis une traduction en français d’Antonin Perbosc.
Antonin PERBOSC est connu de tous, la Médiathèque de Montauban porta longtemps son nom, car il fut le bibliothécaire de la ville de 1912 à 1932, les 20 dernières années de sa carrière. Auparavant, il fut instituteur de campagne : Arnac, Laguépie, Lacapelle-Livron, St Nicolas… et Comberouger en Lomagne. Pourquoi Comberouger ? Par mesure de sanction, au motif qu’il avait donné des devoirs en patois à ses élèves. Il y partit contraint, ne sachant pas encore qu’il passerait là les 15 meilleures années de sa vie professionnelle. En effet, c’est là qu’il put donner toute leur ampleur à ses intuitions pédagogiques.
Il pensait que tous les savoirs nécessaires à un enfant pour devenir citoyen de son pays étaient disponibles là, chez les habitants de la campagne ; sa méthode fut donc d’encourager les enfants à recueillir dans leur entourage le patrimoine oral. Les enfants se regroupèrent en « société traditionniste » et leurs collectes donnèrent lieu à de nombreuses publications.
Bien sûr, tous ces savoirs se livrèrent en occitan, nous étions au tournant des XIXe et XXe siècles, la langue d’usage était l’occitan. Antonin Perbosc, à ce sujet, écrivit : « una lenga es lo tresòr ont los sègles an arremosat çò que i a de mai preciós : […] lo biais de comprene la natura, la vida e l’al-delà de la vida » (une langue est un trésor où les siècles ont rassemblé ce qui est le plus précieux : […] l’art et la manière de comprendre la nature, la vie et l’au-delà de la vie)

Antonin PERBOSC était lié d’amitié avec Jean HINARD, voici ce qu’il lui écrivit pour le convaincre de sa méthode :
« Je veux vous engager fortement à créer, tout de suite, une société traditionniste […]
Voici ce qu’il faut faire, c’est bien simple.
Vous demandez à vos élèves de vous porter des proverbes qu’ils écriront en patois, comme ils voudront. Vous les classez par ordre alphabétique, après avoir joint la traduction. Acceptez seulement les proverbes de la commune. Pour ceux qui viennent d’ailleurs, indiquez leur origine […]
après les proverbes, vous passez aux devinettes, croyances populaires, poésies populaires de toute sorte. Surtout, arrivez vite aux contes […]
Je vous recommande de garder tout ce qu’on vous donnera ; les contes les plus informes peuvent présenter un grand intérêt. N’oubliez pas que ces contes ne doivent pas être enjolivés, sous aucun prétexte. Avant tout la plus grande sincérité. Du reste les contes bien conservés sont parfaits : il n’y a pas un mot à changer. Seulement il y en a qui ont été gâtés : tant pis, il faut les prendre tels quels» .
Ces contes témoignent pour nous aujourd’hui d’un état de la langue et de ses variantes très près de chez nous ; ils témoignent de façons de faire et façons de dire qui parfois éclairent les nôtres, et toujours les interrogent. Les Éditions Letras d’oc, en 2020, virent l’intérêt de les rééditer, avec une traduction révisée.
- Où? : médiathèque de Caylus, à 20h30.
- Réservation obligatoire auprès de la médiathèque : 05 63 24 03 71
- Gratuit
- Durée : 2h
- Tout public