Comme un prolongement de l’évocation de la vie à Saint-Antonin pendant la deuxième guerre mondiale, à l’été 2024, le spectacle théâtral inspiré d’un livre de Jean Boudou retrace la vie et le parcours de Henri, son double littéraire, centré sur le retour de captivité jusqu’à la ferme natale rouergate.
L’armée rouge vient de libérer le camp du Service de Travail Obligatoire (STO) de Waldenburg, en Silésie, où Henri Savignac [lo Ricon] vient de passer deux années de sa vie [sèm liures].
Henri raconte les différentes étapes de son retour jusqu’à la ferme de Malarega. Là, il retrouvera ses parents et son frère cadet [es lo meu fraire, Fèlix, que ven primièr. Puèi lo papà sortís de l’estable].
La joie de la libération qu’il partage avec ses camarades dans le train qui le ramène en France [nosautres cantam dins los vagons] se mêle aux interrogations sur leur devenir [la vida d’en aval nos tornarà prene dins lo seu rebaladís] mais aussi sur celui de l’Allemagne en ruine [Alemanha, Alemanha : marrit païs ! Nosautres partissèm, mas tu demòras, emmantelada del fum de las tias usinas].
Entre Rodez et Malarega, le dialogue s’instaure avec le chauffeur qui le ramène à la maison ; ce dernier a fait le maquis et reproche à Henri l’« aide » qu’il a apporté à l’« ennemi » [as ajudat als Bòchas, anem !]. Quel accueil fera le pays à ces jeunes envoyés de force dans les camps du STO [trobarem pas una plaça, nosautres los jovents] ?
Rien n’a changé à la ferme de Malarega [res a pas cambiat dins l’ostal, l’ola bolís sul fuòc], cependant la blessure laissée par cet épisode est profonde [la sòm vendrà pas].
C’est à la lumière de cette épreuve qu’Henri conte ensuite son enfance à la ferme [te vòli contar la mia vida, una tràcia de vida] et sa rivalité avec son frère pressenti pour reprendre l’exploitation car plus robuste et plus apte au travail de la terre que lui [mos parents creguèron que poiriái pas jamai trabalhar la tèrra].
Ensuite, il y aura son échec au concours de l’école normale [lo meu nom mancava, èri rostit], sa seule chance alors de salut…
Un tròç de camin est une adaptation du roman en langue occitane de Joan Bodon, La Grava sul camin dont les deux premières parties – Tòrni et Qual èri – sont présentées autour de dix tableaux.
Adaptation, mise en scène et jeu : Christophe Calmettes
Accompagnement pour la langue occitane et la dramaturgie : Muriel Vernières